Les joutes nautiques : entre tradition et compétition

À la fois spectacle folklorique et compétition sportive, la joute nautique est un sport amateur dont les origines remontent à l'Antiquité. Pratiquée selon plusieurs méthodes suivant les régions, la joute nautique fédère plusieurs milliers de licenciés.

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Les joutes nautiques  © V.RUMI - Fotolia.com

Un peu d'histoire

On retrouve les premières traces de joute nautique dans l'Ancien Empire égyptien, davantage sous la forme de véritables rixes. Les jouteurs étaient munis de vraies armes et ne portaient pas de protection. Les historiens ont découvert également des représentations de joute nautique en Grèce antique et sous l'Empire Romain.

En France, on retrouve les premiers témoignages de joute nautique en 1270 à Aigues-Mortes (Languedoc-Roussillon). Un document rapporte que "les croisés, soldats et marins, attendant l'embarquement pour la Terre sainte avec le roi Louis IX (Saint Louis), s'affrontaient en combats singuliers montés sur des embarcations légères".

Les témoignages se multiplient à partir du XVe siècle, et plus particulièrement sur le littoral méditerranéen. Mais le chemin est long pour la joute nautique qui ne se voit officiellement reconnue qu'en 1960 !

Les différentes méthodes

Bien que le principe des joutes nautiques soit le même pour toutes les méthodes - à bord d'une barque, deux jouteurs s'affrontent à l'aide d'une lance et doivent faire tomber leur adversaire dans l'eau -, les règles divergent selon les régions.

Dans la méthode languedocienne - la plus historique -, deux barques lourdes (une rouge et une bleue) sont propulsées par huit à dix rameurs et guidées par deux barreurs, appelés les "timoniers patrons". Les deux jouteurs sont placés sur une plate-forme (tintaine) à 3 m de l'eau. Au moment de l'assaut, les deux barques se frôlent par le côté droit pour permettrent aux jouteurs de réaliser la passe. Armé d'une lance et d'un pavois (bouclier), le jouteur doit faire tomber son adversaire. Celui qui parvient à rester sur la tintaine a gagné !

Depuis 1743 à la fin août, les jouteurs de méthode languedocienne se donnent rendez-vous chaque année à Sète pour le Grand Prix de la Saint-Louis, la compétition la plus importante de la discipline.

Dans la méthode provençale, le jouteur est muni en plus d'un témoin qu'il tient fermement dans sa main gauche, qui ne devra être lâché sous aucun prétexte pendant la passe. 

Les autres méthodes les plus jouées sont la lyonnaise (la lance utilisée est la plus longue et la plus lourde des méthodes de joute nautique), la givordine (même règle que sa cousine la lyonnaise, sauf que les bateaux se croisent ici par la droite), l'alsacienne (le jouteur ne porte aucun protection et joue pieds nus) et la parisienne (les barques sont propulsées à l'aide de moteur).

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